Une résidente de Lévis s’insurge d’avoir reçu de Desjardins sa carte de crédit et la documentation qui l’accompagne en anglais seulement, alors qu’elle avait pourtant fait sa demande en français.
C’est en ligne, sur un portail de Desjardins, que Diane Morin a commandé sa nouvelle carte de crédit en février. Si tout le processus a pu se faire dans la langue de Molière, c’est en anglais uniquement que la coopérative financière lui a transmis sa carte par la poste.
«C’est ridicule pour quelqu’un, ici, à Québec. Je ne dis pas si je restais en Ontario, mais je reste à Québec. Ils auraient au moins pu mettre les deux, une copie en français et une autre en anglais», s’indigne Mme Morin.
Elle a reçu plus d’une douzaine de pages d’explications dans une langue qu’elle ne maîtrise pas. Une préposée du service à la clientèle lui aurait affirmé qu’elle n’était pas la première à connaître ce problème en commandant une carte en ligne.
Mauvais site web
Vérification faite, Mme Morin a fait sa demande sans le savoir sur le site www.mycard.desjardins.com, un portail secondaire du mouvement destiné à la clientèle hors Québec. Or, le site web, qui ressemble à s’y méprendre au portail principal, ne le précise pas sur sa page d’accueil.
«Ce n’est pas un site qui est fait pour le Québec», a confirmé Chantal Corbeil, porte-parole du Mouvement Desjardins, en concédant qu’il porte à confusion. Près de 2 % des requêtes qui y sont faites proviendraient en effet du Québec.
Desjardins assure que sa politique est de communiquer avec un client dans la langue avec laquelle il soumet sa demande, même sur ce second site web, mais, comble de malheur pour Mme Morin, elle aurait été victime d’un bogue informatique, croit le groupe financier.
«Vu que c’est un site qui est destiné à l’extérieur du Québec, ça a dû être envoyé en anglais [par erreur]», a expliqué Mme Corbeil, en parlant d’un cas rarissime. «Ça n’aurait pas dû», admet-elle.
Accroc à la Charte
Ce faisant, le Mouvement Desjardins a commis une entorse à la Charte de la langue française, signale l’avocat Guillaume Rousseau, spécialiste des droits linguistiques. «La loi 101 consacre un droit linguistique fondamental à être servi en français en tant que consommateur», et ce, même pour un service commandé en ligne, dit-il.
Lorsqu’il reçoit une plainte en de pareils cas, l’Office québécois de la langue française préconise un règlement à l’amiable entre les parties.
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