
Les travailleurs de l’Aluminerie de Bécancour (ABI) n’ont pas à faire les frais de l’« incompétence » des dirigeants si ceux-ci ont été incapables d’obtenir de bons tarifs d’électricité, a affirmé le syndicat des Métallos mercredi matin alors que les négociations sont au point mort.
En conférence de presse à pour la première fois depuis l’impasse constatée vendredi par le médiateur spécial, Lucien Bouchard, les représentants syndicaux ont reproché à ABI d’avoir demandé de nouvelles concessions.
Selon le président de la section locale 9700, Clément Masse, les dirigeants auraient « renié leur signature sur des points qui étaient réglés » et « arrivés avec de nouvelles demandes de concession sur nos conditions de travail, ce qui est inacceptable dans le cadre d’une demande de règlement ».
Le lockout, qui a commencé le 11 janvier 2018, touche 1030 travailleurs syndiqués. ABI appartient à 75 % au géant américain Alcoa et à 25 % à Rio Tinto. Le conflit tourne notamment autour du régime de retraite et de l’ancienneté dans les mouvements de main-d’oeuvre.
« Aujourd’hui, l’employeur avec de nouvelles demandes de concessions parce qu’ils nous ont mis en lockout. Ce sont eux qui ont créé ce lockout », a ajouté M. Masse en conférence de presse à Trois-Rivières.
Selon une étude du cabinet Commodities Research Unit (CRU) relayée par les Métallos, les coûts de main-d’oeuvre chez ABI sont les plus bas de toutes les installations d’Alcoa en Amérique du Nord. Le coût de main-d’oeuvre par tonne serait ainsi de 142,90 $ à Bécancour, comparativement à 145,30 $ et 157,60 $ à Deschambault et Baie-Comeau.
Cependant, les coûts de l’énergie sont plus élevés, a dit M. Masse. À Bécancour, ils sont de 406,90 $, selon CRU, contre 325 $ et 273,40 $ à Deschambault et Baie-Comeau.
« Ce ne sont pas les coûts de main-d’oeuvre qui causent problème, c’est le coût de l’électricité. Alcoa a eu de la difficulté à négocier son énergie. ABI fait passer sur le dos des travailleurs et de la communauté sa propre incompétence à négocier des bons d’énergie avec le gouvernement. »
Nommé par le gouvernement du Québec plus tôt cette année, Lucien Bouchard a indiqué vendredi que « plusieurs séances se sont depuis tenues à Montréal, dans le cadre d’un comité restreint formé de représentants spécifiquement mandatés par les deux parties ». Cependant, a-t-il ajouté, au terme de ces discussions, le médiateur spécial, le conciliateur et les parties constatent que le contexte ne se prête pas à un retour à la table de négociation, compte tenu des positions très éloignées de l’employeur et du syndicat ».
De son côté, l’employeur a indiqué vendredi que « la direction d’ABI demeure ouverte à résoudre les enjeux du présent conflit de travail, et ce, par une entente qui améliorerait la profitabilité et la production de l’usine, afin d’assurer une viabilité à long terme et le maintien des emplois de grande qualité ».
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