
Le premier ministre François Legault ne ferme pas la porte à un nouvel investissement du gouvernement dans le programme d’avions A220, mais il remet en question l’approche d’Airbus dans ce dossier.
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En entrevue avec Le Journal à Davos, en Suisse, où se tient la réunion annuelle du Forum économique mondial, M. Legault a rappelé que le géant européen a récemment fait un « appel de fonds » à ses deux partenaires dans l’ex-C Series, Bombardier et Québec.
En raison de sa situation financière précaire, Bombardier a déjà exclu toute contribution, ce qui place le gouvernement face à un délicat dilemme : en rajouter à la somme de 1,3 milliard $ investie par les libéraux, ou ne rien faire et risquer de faire chuter encore la valeur de ce « placement ».
François Legault a évoqué mercredi deux possibilités : une nouvelle contribution de Québec et une « nouvelle entente » avec Airbus. Mais pour l’instant, il comprend mal les intentions de l’avionneur.
Il se demande pourquoi Airbus jongle avec l’idée d’investir dans une version allongée de l’A220, l’A220-500, alors qu’avec ses deux variantes existantes le programme n’est toujours pas rentable.
« S’ils développent toujours de nouveaux avions [...], il n’y aura jamais de profits », a estimé le premier ministre.
Le PDG d’Airbus, Guillaume Faury, est présent à Davos, mais aucune rencontre n’est prévue avec M. Legault.
L’ancien patron d’Air Transat a confié qu’il n’avait pas une bonne idée de la valeur de l’A220, donc de l’investissement de 1,3 milliard $ de Québec.
« Ce n’est pas clair combien [ça] vaut », a-t-il affirmé.
Selon Bombardier, la valeur de l’A220 a diminué de façon significative au cours des derniers mois. Selon au moins un analyste, la chute pourrait dépasser 50 %, ce qui se traduirait par une perte sur papier de 650 millions $ pour Québec.
En plus d’examiner la demande de fonds d’Airbus, le gouvernement n’exclut pas de voler à nouveau au secours de Bombardier, qui connaît encore des turbulences financières.
« On regarde l’ensemble de Bombardier [...] les trains et les avions d’affaires », a indiqué François Legault.
Or, des analystes avancent que Bombardier pourrait devoir vendre sa division d’avions d’affaires pour alléger sa dette de plus de 9 milliards $ US. Au moins un d’entre eux a évoqué la vente de la totalité de l’entreprise.
De plus, Bloomberg a révélé plus tôt cette semaine que Bombardier et Alstom explorent la possibilité de regrouper leurs activités ferroviaires.
Ces rumeurs ont fait bondir l’action d’Alstom : le titre a gagné 1,9 % mercredi sur le parquet Euronext à Paris pour atteindre un sommet de près de 10 ans. En revanche, l’action de Bombardier a cédé 1,6 % et a clôturé à 1,27 $ à la Bourse de Toronto.
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