
Et maintenant ? Alors que les cheminots de la SNCF se préparent, ce mercredi, à leur deuxième journée de mobilisation - sur un programme s'étalant sur trois mois -, personne n'a intérêt à ce que le conflit s'enlise. Mais pour l'heure, l'exécutif comme les syndicats affichent leur fermeté.
Le « statu quo » à la SNCF n'est « pas tenable », a répété ce mardi le Premier ministre à l'Assemblée, rappelant « les engagements publics considérables versés année après année pour faire en sorte que le dispositif ferroviaire fonctionne ». « Je respecte les grévistes [...]. Mais si les grévistes doivent être respectés, les millions de Français qui veulent aller à leur travail [...] doivent également être respectés », a estimé Edouard Philippe, toujours soucieux de se ménager l'appui de l'opinion publique pour mener à bien sa réforme.
« Cette réforme [du rail, NDLR], il faut la mener [...] elle est indispensable. Le gouvernement tiendra bon, dans l'écoute, dans la concertation, dans le dialogue », avait déclaré un peu plus tôt la ministre des Transports. Elisabeth Borne continue ainsi de souffler le chaud et le froid en affichant sa détermination, tout en se montrant ouverte à la discussion.
Réunion ce jeudi au ministère
Les syndicats aussi campent sur leurs positions, affirmant parallèlement être ouverts au dialogue. A la question : qu'est-ce qui pourrait demain permettre de sortir du conflit ? Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, répondait ce mardi dans les colonnes du « Parisien » : « C'est simple, on retire cette réforme qui n'apporte strictement rien aux usagers et s'avère néfaste pour les salariés, et on discute enfin réellement du contenu ». « On peut trouver des points de convergence », avec le gouvernement, explique de son côté aux « Echos » Rémy Aufrère, secrétaire général adjoint de la CFDT-cheminots, mais à condition que celui-ci cesse de « saucissonner » les questions et « montre qu'il traite sérieusement le sujet dans sa globalité ».
Discuter, gouvernement et syndicats vont en avoir l'occasion ce jeudi, puisque la ministre des Transports a prévu de rencontrer les représentants de la CGT-cheminots, de l'Unsa, de la CFDT et de SUD-Rail. Et, note Rémy Aufrère, celle-ci « a prononcé pour la première fois vendredi le mot négociation. On attend de voir... »
Lors de cette réunion, les questions de gouvernance devraient être abordées, et plus précisément la perspective d'une intégration plus forte au sein du groupe public entre SNCF Mobilités (la compagnie qui fait circuler les trains) et SNCF Réseau, l'entité chargée de gérer les infrastructures ferroviaires. De quoi ôter des arguments à ceux qui assurent que la réforme prépare la privatisation de SNCF Mobilités. Et inquiéter, à l'inverse, les futurs concurrents de l'entreprise publique, quant à l'indépendance de SNCF Réseau par rapport à l'opérateur historique.
Fortes perturbations du trafic
Pas question, en revanche, de remettre en question le projet de l'exécutif de supprimer le statut de cheminot pour les nouveaux embauchés - le point dur de la réforme, celui qui braque les syndicats. « Je ne serai pas le patron de la CGT-cheminots qui enterra le statut », a déjà prévenu Laurent Brun à plusieurs reprises.
En attendant, la mobilisation des cheminots ce mercredi devrait être assez comparable à celle de mardi (33,9 % de grévistes en moyenne en milieu de matinée selon la direction - contre 35,4 % lors de la journée de mobilisation du 22 mars -, 77 % chez les conducteurs, 69 % chez les contrôleurs). Avec de nouveau de très fortes perturbations du trafic. La SNCF prévoit ainsi en moyenne 1 TGV sur 7, 1 Intercités sur 8, 1 Transilien et 1 TER sur 5. Trois Eurostar sur quatre circuleront et le trafic sera quasi normal sur les Thalys. La reprise du trafic jeudi pourrait par contre être moins compliquée que prévu.
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